L’histoire de ce championnat québécois de duathlon sprint 2018 était écrite d’avance. Pas dans son résultat mais dans la manière dont les choses allaient se passer. Après avoir bataillé avec le même adversaire sur mes deux premiers duathlons, je savais au fond de moi que ce serait encore le cas aujourd’hui. Si la bataille a fait rage à mon plus grand plaisir, les faits de course ont été nombreux. Le récit devrait être croustillant à lire ! 🙂

Duathlon partie 1 : 5km de course

Pas de super jambes mais énormément d’envie !

Il est 8h du matin mais il fait déjà chaud, le soleil tape ! 15 minutes d’attente au soleil, ça ramollit un peu un coureur ! Quand l’heure de se lancer est arrivée, personne ne part très fort au final et je suis en tête après 200m. Pas pour longtemps puisque Serge (mon principal concurrent, celui que j’attendais) passe rapidement devant comme à son habitude. Je ne me sens pas en grandes jambes alors quand la montre bippe à 3’28 au premier kilomètre, je suis plutôt content !

Ça me décide à ne pas attendre, et à pousser tout de suite pour garder ce rythme. Je passe en tête et même si l’allure ne change pas, je ne subis plus, j’impose le rythme. 3’27 au deuxième kilomètre, je force mais je sais que derrière aussi et puis c’est un duathlon sprint, c’est le principe, on se fait mal pendant 1h non stop ! 🤣

Essayer de prendre le plus d’avance possible en prévision du vélo !

Un virage à gauche une petite montée de rien du tout à passer… Mais le moindre rien du tout sur un sprint ça fait mal ! Ce parcours étant aussi celui du vélo, ça me fait un repérage et cette partie étant pleine de bosses et de trous, c’est bon à savoir ! 3’31 sur ce 3ème km, on est toujours bien !

Un demi-tour me permet de voir que j’ai pris une quinzaine de mètres d’avance. C’est motivant mais je sais l’énergie que je laisse dans cette échappée. Encore une fois sur un sprint, il faut se faire mal alors je continue de pousser. 3’26 au 4ème km et un « petit relâchement » dans le 5ème km en 3’34 (relâchement involontaire ça commençait juste à être dur !)

>> Retrouvez le détail des activités sur mon compte Strava !

Championnat québécois de duathlon sprint 2018 : un vrai mano à mano !

Duathlon partie 2 : 20km de vélo

Quand tu travailles le long… C’est à fond !

Je pense qu’avec ce titre, on a un bon résumé de mon vélo. En ce moment, à vélo, j’essaye de durer longtemps, pas d’envoyer du gros. Alors quand j’enfourche le vélo et que je commence à vouloir pousser fort, je suis rapidement à fond ! Avant même la fin du premier tour de 5km, Serge va logiquement remonter et me dépasser.

C’était prévu et c’est pour ça que je voulais de l’avance, il démarre toujours son vélo très fort ! Mon plan à partir de là était clair et prévu d’avance : m’accrocher. C’est plus facile avec un point de repère, pas de question à se poser, il faut juste suivre. Je me mets dans la position la plus aéro possible, je roule en cadence et j’essaye de relancer correctement sur les demi-tours qui font toujours mal.

La vitesse moyenne est à 38,5km/h, on est autour des 40km/h dans les lignes droites, la route est belle c’est top ! Le temps passe et je suis de mieux en mieux. A tel point que je dois relâcher un peu dans le 3ème tour pour rester en dehors de la zone de drafting.

>> À LIRE : Le rapport poids puissance en détail 

Je prends un peu trop la confiance…

et au début du 4ème tour, je fais ce que je m’étais interdit de faire : relancer pour passer devant. Doubler quelqu’un qui roule à sa vitesse, ça prend tellement d’énergie… Tout ce que j’y ai gagné c’est qu’il repasse quelques kilomètres plus loin ! Il est plus fort que moi à vélo, je le sais pourtant !

Je continuerai alors de m’accrocher comme je pourrai mais je sens que j’ai brûlé une de mes cartouches car les crampes aux mollets sont très proches… dernier virage de ce parcours vélo et arrive le fait de course qui me fait perdre la liaison avec le leader…

Comme d’habitude à l’approche du virage je gueule « Attention à gauche » sauf que la fille sur qui je revenais était soit inconsciente soit… elle inverse sa droite et sa gauche (j’en connais très bien une autre je ne dirai pas qui 😛). Bref elle plonge à l’intérieur du virage… J’ai tout juste le temps de sauter sur les freins, de faire une grosse relance et… j’ai perdu presque 100m dans l’histoire…

Duathlon partie 3 : 2,5km de course

Championnat québécois de duathlon sprint 2018 : un vrai mano à mano !

Ce 2,5km vaut un récit à lui tout seul…

Tellement de choses s’y sont passées ! D’abord une belle transition après le vélo. Le gros 100m devient un gros 50m de retard sur le parcours de course (logique avec la vitesse divisée par un peu plus de deux). À ce moment, j’ai les deux mollets au bord des crampes et l’écart grandit. Je me retourne même pour juger de combien j’ai de marge sur le 3ème. Bref je ne suis pas en confiance du tout !

Mais y allant en douceur (entre guillemet je suis toujours dans une course ! ) autour de 3’50/km, je réussirai à faire partir les crampes au bout de 500m. Je me remets dans une bonne allure : 3’30/km environ. Je sais que je suis généralement l’un des seuls duathlètes à réussir à courir à la même vitesse sur la 2ème course à pied que la 1ère. Ça se prouve encore aujourd’hui car mètre après mètre, l’écart avec Serge descend. Il descend mais il reste tout de même encore conséquent. Psychologiquement, je suis à la frontière entre le « No way il est trop fort » et « allez c’est possible on lâche rien ». La bataille psychologique avec moi-même commence…

Je décide de tout faire pour ne rien regretter

Alors je pousse et continue de remonter. À la moitié du parcours je suis revenu à environ 20m. Alors je relance l’allure progressivement pour passer entre 3’20 et 3’25/km (sur le moment je n’ai aucune idée des allures, je cours à l’énergie tout simplement, interdit de se retourner le cerveau en regardant la montre évidemment). L’écart descend à 15m puis c’est 10m et enfin 5m alors qu’il reste environ 1km de course.

Et comme je ne suis pas confiant dans une arrivée au sprint alors je tente le coup de poker. Le gros démarrage au moment où je le rattrape, sans attendre. Que ça passe ou que ça casse, je me serai fait le kiff de tenter ce qu’on regarde à la télé chez les pros ! Le démarrage est violent, je le passe à près de 20km/h. Oh que ça fait mal aux jambes à ce moment !

Championnat québécois de duathlon sprint 2018 : un vrai mano à mano !

L’objectif est simple, ne pas se retourner et donner le maximum.

Je repense au test VMA la semaine passée où je me suis dépouillé et aux conseils que j’ai donné pour le 10km : pour ne pas ralentir il faut accélérer ! Alors dès que je sens que je commence à lâcher prise (c’est à dire tous les 50m environ à cette allure folle !), je me force à relancer sur 2-3 foulées. Au total, je tiendrai près d’1’30 entre 19 et 19,5km/h soit quasiment à ma VMA…. Costaud !

Arrive quand même le moment logique où je me fais « rattraper par la patrouille… » Mon ami le lactique est aux anges, mon cardio atteint des sommets et mes poumons sont au bord de la suffocation. Je pioche, je sens que ça ralentit… Et puis je croise mon pote Nico qui arrive en face et qui me gueule dessus… Le coup de boost qu’il faut pour continuer de ne rien lâcher. Je commence aussi à apercevoir la ligne d‘arrivée à environ 300m… alors je m’autorise à me retourner… Et je vois que ma mission est accomplie, c’est moi qui ai 50m d’avance, peut-être plutôt 100m en fait, je ne suis plus assez lucide pour vraiment en juger. Bref c’est gagné !

Championnat québécois de duathlon sprint 2018 : un vrai mano à mano !

Une tactique appliquée (presque) à la lettre !

Je suis un coureur, j’ai couru en coureur ! Si ma victoire en duathlon l’an passé avait été relativement facile, celle-là a été extrêmement dure à aller chercher… Mais c’est ce qui la rend encore plus satisfaisante ! Et je me répète mais quel pied j’ai pris malgré la douleur de réussir à placer une telle accélération dans un dernier kilomètre de course

Ce que la volonté peut faire m’interpellera toujours… J’aurais aussi bien pu rester bloqué 50m derrière Serge pendant toute la course… C’est le sentiment que j’avais au début… Mais parfois, il faut juste y croire pour réussir à le faire !

5 COMMENTS

  1. Bravo Niko pour ta course! Excellent récit aussi.

    Loin de moi l’idée de me prendre pour un expert. Je ne fais que répéter ce que je lis des grands savants qui vantent les mérites de la course basé sur la puissance (power). En voyant ton super pic de vitesse à 7 minutes et la baisse qui s’ensuit probablement suite à une augmentation du lactique, je me demande si une accélération moins aggressive n’aurait pas été plus désirable et te permettre de finir plus fort. Par contre, il est certain que ton accélération a miné solidement le moral de ton compétiteur et ce n’est pas une mauvaise chose. Enfin, je voulais juste semer l’idée vu que tu as fait ton CP la semaine dernière et j’ai assumé que tu avais peut-être un Stryd.

    Merci pour tes publications. Je n’en manque pas une.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here