Salut les Addicts ! Le Triathlon International de Montréal, c’était un des évènements que j’attendais le plus cette année. Pour la première fois, Montréal accueillait une épreuve du World Series, le plus haut niveau mondial. Et en plus des épreuves amateurs ont été inscrites au programme… dont un duathlon. Je n’ai pas hésité longtemps avant de m’y inscrire. Prendre le même parcours que les pros allaient utiliser juste après, c’est top ! Enfin le même parcours… avec une pluie diluvienne en bonus pour les amateurs ! Pas de surprise toutefois, c’était prévu par la météo…

J’ai essayé d’aborder ce duathlon sereinement mais…

Je n’ai pas manqué de flipper toute la semaine à propos de cette course sous la pluie… Pas pour le fait de courir dessous, au contraire je préfère ça à la chaleur, je ne suis pas normand pour rien ! Mais le vélo sur une route trempée avec un parcours sous forme de boucle de 5km aux nombreux virages et épingles… J’en ai fait des cauchemars toute la semaine ! Et puis arrive le jour J et quand faut y aller… faut y aller ! Départ prévu à 8h02 (c’est précis !) donc lever aux aurores pour le petit dej et tout le tralala… Petit retard sur le programme qui me fait stresser un peu plus… Mais au final je serai au départ à l’heure… Et la pluie aussi puisqu’elle démarre à 7h58 !

Un Normand ne se laisse pas abattre par la pluie !

Triathlon International de Montréal : journée mouvementée !

J’ai scruté un peu autour de moi et vu que mes concurrents principaux des autres courses n’étaient pas là. Je pars donc logiquement devant et on sera rapidement trois à se détacher (dont la première femme qui envoie sévère, elle fait 37’ au 10km pour les connaisseurs !). Je découvre une boucle de 2,5km remplie de virages serrés, de relances, des parties en bois, du gravier…

Bref, glissant avec la pluie ! Premier tour en mode découverte sans prendre de risque. Dans le 2ème, je me trouve un peu trop passif à suivre… J’aime justement ces courses de duathlon car il n’y a pas beaucoup de monde et on peut se battre pour le podium final ! Alors je passe devant une première fois, prends 2m d’avance puis me fait rattraper plus loin. Pile au moment où la pluie redouble. Éviter les flaques d’eau devient utopique donc la trajectoire est désormais rectiligne.

Mouillé pour mouillé, autant tout donner !



C’est le 3ème tour de course et je me sens plutôt bien. Cette fois je décide de mettre une attaque plus franche, dans la partie avec le plus de relances. 10m, 20m, 30m… Le trou est fait ! Ne reste qu’à finir le 3ème tour et enchaîner un 4ème sans ralentir ! Je maintiens le rythme et étends encore pas mal l’écart pour le porter à 45″ à l’entrée de la zone de transition. Après avoir “nagé dans une flaque d’eau” de 20m de long et minimum 5cm d’eau à vu de nez, j’accède jusqu’à mon vélo qui évidemment est désormais lui aussi au milieu d’une flaque avec mes affaires… je vide le casque de l’eau qu’il contient, l’enfile et part avec le vélo. Un Fly mount réalisé sans problème et je me mets donc à pédaler. Pas question d’enfiler les chaussures tout de suite, on roule sur des tapis bleus gorgés d’eau, c’est trop casse-gueule. Une fois harnaché, c’est l’heure de démarrer le carnage !

100 virages, 100 possibilités de tomber !

8 tours de 5km, des virages à angle droit avec des lignes blanches un peu partout, des épingles dont une en bas d’une descente… Je me suis promis d’y aller tranquillement, mon objectif est avant tout de ne pas chuter sur le vélo. Autant vous dire que le 1er tour a été lent. La route est globalement belle mais ça reste Montréal… Les plaques d’égouts sont 5 cm en dessous du bitume, une ou deux bosses te font sauter méchamment de la selle… Ajoutez à ça le parcours utilisé aussi par le Duathlon et Triathlon Sprint… Bref il faut être vigilant tout le temps ! Ça passe plutôt bien jusque là et… la descente que je redoutais arrive… Je freine longtemps avant et prends le virage au ralenti et… pas si terrible finalement, ça accroche ces GP4000SII (mes pneus pour les non initiés!).



1 tour sur 8, on ne s’enflamme pas… surtout que la pluie s’intensifie… Je fais attention dans les virages mais je commence à me laisser aller dans les lignes droites… Et aussi dans les deux petits “coups de cul” du parcours… Beaucoup trop au final ! Je vais rapidement payer mon enthousiasme en me rendant compte que mes mollets n’ont pas aimé ça… ils deviennent raides comme du bois et les crampes ne vont pas tarder à pointer le bout de leur nez ! Erreur de débutant !

Je repense à Magog et essaye de rouler plus souple… Mais avec toutes les relances du parcours, pas facile ! Surtout qu’à partir du 4ème tour la pluie devient diluvienne, le vent se lève. L’effet immédiat est que je commence à grelotter quand le vent est de face… ok donc j’essaye de me détendre d’un côté et de l’autre le froid me crispe… Cette deuxième moitié de vélo va être comme ça tout le long…

la pluie était intense sur ce triathlon international de montreal

Heureusement, je commence à être vraiment à l’aise sur le parcours. Les trajectoires sont belles, je perds de moins en moins de temps sur le côté technique. Du coup, je me permets de relâcher un peu dans les lignes droites en pensant à la suite. La fin du 8ème tour arrive enfin et c’est avec plaisir que je retire mes pieds des chaussures à l’approche de la zone de transition. 33km/h de moyenne au final sur ce parcours vélo mais clairement aujourd’hui, ça ne veut pas dire grand chose… Quand tu freines 20m plus tôt, que tu passes les épingles quasiment à l’arrêt…

J’ai bien cru ne pas repartir de la transition…

Avec des mollets en souffrance, les premiers pas à la descente du vélo sont douloureux… Je serre les dents pour arriver jusqu’à ma place… Et la suite est comme je la craignais. Une fois le vélo posé, je tente d’enfiler ma 1ère chaussure. Une fois, deux fois, trois fois… la crampe est plus forte que ma volonté… je me redresse une seconde, enfile l’autre chaussure… et crie un bon coup en remettant celle qui ne passait pas. J’ai bien perdu 30 secondes là-dessus mais je suis finalement parti !

Triathlon International de Montréal : journée mouvementée !

Etonnement, à la course, je gère bien la douleur. C’est presque un soulagement que de se mettre à courir ! C’est parti pour 2 tours du circuit de course à pied qui ressemble maintenant plus à une piscine qu’autre chose à certains endroits… Je cours au train, sans chercher les ennuis. Il ne me semble pas m’être fait doubler sur le vélo et personne derrière moi, pas de raison d’aller titiller trop fort mes mollets (je me rappelle ce que ça avait donné au Duathlon Esprit l’an passé). Malgré tout, à ce moment de la course, les relances font mal. Mais l’arrivée est de plus en plus proche et les bénévoles qui, malgré la pluie, continuent d’encourager et de sourire, sont vraiment au top !

Triathlon International de Montréal : journée mouvementée !

Dernier tour, plus trop d’énergie mais je sais que ça va le faire. Je déroule ma foulée sans la forcer et coupe à droite vers le corridor d’arrivée. Une dernière épingle… Une dernière relance et je suis sur le tapis bleu, celui que les pros vont emprunter peu après… Alors pour le plaisir, je relance tout en souriant… J’ai fini cette course entier, je n’ai rien lâché et finir premier est un bonus sympathique après tout. On était 26 au départ et sans les meilleurs, donc en théorie, “je devais finir devant”. Mais entre la théorie et la pratique… Aujourd’hui c’est avant tout contre les éléments qu’il fallait se battre. Mission accomplie et avec au final 3′ d’avance, je prends cette 1ère place avec un grand sourire, motivé à retourner à l’entraînement pour progresser encore et toujours ! 😉

11 COMMENTS

  1. Félicitations Niko ! Comme d’habitude à travers ton récit plus que complet , j’ai eu l’impression d’ être virtuellement à tes cotés, pluie et froid en moins , quoique …!
    Bravo pour ta performance .
    • Salut !
      C’est tellement plaisant de lire ce type de feedback !! A force d’écrire des compte-rendus c’est devenu naturel. Mais à chaque fois j’attends les retours avec impatience car j’adore faire partager cette émotion de la course ! Surtout quand il y a autant de péripéties ! 🙂
  2. oh my god! par ton recit, j’étais à Montreal avec toi, à 2 doigts de crier “vas y Niko vas y!!!”! bravo pour ta performance !
    • Ahah ça m’aurait bien servi pendant la course !! Vu le temps les spectateurs n’étaient pas nombreux et les encouragements font toujours du bien pendant une course ! Merci pour ton commentaire ! 🙂
  3. Salut Niko,

    Bravo pour ce nouveau duathlon. Franchement à te lire et à voir les photos on arrive assez bien à imaginer le calvaire que ça devait être.
    Encore une fois tu nous prouve qu’avec un bon entraînement et une volonté de fer on peut y arriver.

    Bravo pour ta performance t’es vraiment impressionnant !

    • Salut !
      Disons que quand tu es dedans, tu es concentré sur la course donc une fois mouillé tu ne t’en préoccupes plus trop mais… Quand j’ai commencé à grelotter sur le vélo c’était une autre histoire… Je ne pensais pas que ça puisse m’arriver sur une course en plein mois d’aout ou il fait généralement trop chaud pour moi à Montréal !!
      Merci en tous cas pour ton commentaire ! 😉
  4. Super récit, comme d’hab’ j’ai envie de dire !
    Des conditions dantesques qui embellissent encore plus cette victoire, Et dire que je me plaignais du petit crachin breton pendant l’IronBreizh :p !
    Toutes mes félicitations pour cette énorme performance qui annonce du très bon sur tri ! La Nat’ c’est que de la technique ^^ !
  5. Well Done Niko !
    Super résumé de ta course. Continue comme ça à nous faire partage tes exploits, c’est top !

    Une question de néophyte : tu parles souvent de parcours avec des “relances”. C’est quoi exactement ?

    A+

    Loïc

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